auteur réalisatrice radio Bienvenue chez Elvire photographeEGALITE 16 mars 2012
Printemps, doux printemps que voici avec tes rayons de soleil et tes jolis degrés qui flirtent comme des adolescents… on aime ces instants où le désir est naissant et les bourgeons apparaissent… partout… sur les plantes, et les visages. On aime et on respire alors on peut s’époumoner quand on entend d’inacceptables discours comme par exemple, allez, au hasard : qu’est-ce qu’on dit quand parti politique propose de ne plus rembourser l’avortement ? Oh… mais quelle bonne idée !!! et on dirait qu’on aurait un monde où il n’y aurait que les riches qui auraient le droit de choisir s’ils veulent ou non agrandir leur famille. Les pauvres, eux, ils n’auraient pas non plus accès à la contraception qui est de moins en moins remboursée. Pfuuu’ je dis une bêtise : il y en a une de contraception qui n’a pas besoin d‘être remboursée : l’abstinence. Et puis on dirait que les pauvres n’auraient plus le droit à ce plaisir simple de la vie puisque d’abord ils sont pauvres. Et que le sexe c’est sale. Même si on est amoureux bien pensants fidèles et mariés devant des tas de gens. Ah, j’oubliais que dans la belle image il faut sans doute aussi être blond, hétéro, et j’en oublie certainement. Bon… Proposer un salaire pour les femmes au foyer qui ont des enfants à élever ? En voilà une idée ! ? Mais et les homes ? s’ils veulent rester au foyer, y ont-ils droit ? Est-ce à dire sue l’on considère donc qu’élever les enfants est un métier ? Qu’il faut se former pour cela qui dépasse l’amour parental ? Peut-on considérer 800 € comme salaire alors que ce n’est même pas le SMIC ? Est-il utile de préciser ma pensée personnelle à moi ? Ais-je vraiment besoin de m’époumoner ? Est-ce bien nécessaire ? Ce qu’il y a de bien avec le printemps, c’est que tout bourgeonne, même les plus belles hérésies. Précision : une hérésie étant une opinion religieuse erronée, donc passée, finie, datée, je me plais à penser que les dogmes sont limitants. La bonne nouvelle, étant donné que l’on sait que tout bourgeonne et renaît, que l’on a conscience que même les plus belles cochonneries peuvent ressortir, on ne les voit pas du même œil. C’est presque comme si c’était moins grave. Puisqu’on sait dès le départ que tout peut arriver à cette époque de l’année. Bon, alors là c’est plus pareil, on peut rester calme et souriant et parler gentiment, calmement. « Oui, ça va bien se passer blondinette. Rentre chez papa. Tout va aller…. Au revoir » Et on peut retourner à notre belle occupation printanière : la vie reprend son cours, les pupilles brillent, les papilles salivent. Quoi de neuf dans l’univers ? Il fut une époque où Mars annonçaient déjà quelques nouvelles têtes sur la planète. Les congés payés en effet ont donné naissance à beaucoup de printaniers. En Mars déjà les ventres arrondis fatiguaient mesdames… et messieurs aussi. Le printemps ce sont aussi ces nouveaux nés qui ne tarderont plus trop. Allez mesdames et messieurs qui avez décidé de repeupler la planète, patience, c’est pour bientôt, mais c’est aujourd’hui qu’il faut penser à demain et se préparer à bien voter. Très vite arrivera un garçon ou une fille. Une chance sur 2. Et pas les mêmes chances. La journée mondiale pour les droits des femmes (et non pas la journée de la fête de la femme) est censée nous rappeler que si nous sommes à peu près aussi nombreux sur la planète nous n’avons pas les mêmes droits en réalité. Salaires inégaux, représentations inégales, les chiffres ont plus de parole que nous. Sur 12 candidats potentiels à la présidentielle, seules quatre sont des femmes et l’on compte à l’Assemblée Nationale seulement 18% de femmes. On entend aussi pêle-mêle : aucune aide publique ne sera accordée aux entreprises qui n’assurent pas l'égalité salariale effective / ni subvention, ni exonération, ni marché public / congé parental transformé en un crédit-temps réparti à parts égales entre les parents / accès à la contraception facilitée pour les jeunes filles / loi-cadre contre les violences faites aux femmes / plan d’éducation et de formation afin de lutter contre les stéréotypes de genre (donc respect de la loi de 2001 j’imagine... la France a la 61ème place parmi les pays du monde pour la place des femmes dans la vie publique… Et ben … En voici un terrain où le chômage ne guette pas ! En Mars on se réveille et on réfléchit. Mince, encore une chronique qui ne va pas être facile à illustrer en photo ! Allez, messieurs mesdames, passez une bonne semaine, prenez soin de vous et AIMEZ-V…NOUS !
Une Chronique pas Ordinaire 23 mars 2012
En MARS 2012 Sur HDR
l'air de Rien en mars sur HDR c'était au CHU de Rouen, au pavillon femme mère enfant : sur les accouchements. témoignages, extraits de "poussez pas!", Planning familial, professionnels de santé ... à écouter...
Nous vivons des moments pas ordinaires. Non. Ce n’est même pas vrai. Nous vivons un ordinaire difficile à supporter. De tous temps on s’est cogné aux failles du genre humain. Les Unes des journaux se noircissent quand ils ne sont pas menacés de disparaître, les reporters photographes se font tuer, d’autres cultures sont baillonées… difficile de trouver un sujet qui nous mette en joie et pourtant il faut tenter l’exercice. Aller au cinéma, au théâtre, au concert, partager ensemble et plus que jamais s’entraider, se tendre la main, se sourire au moins. Tout va si vite dans notre monde zapping qui se surconsomme et nous consume que le temps nous file entre les doigts. La simplicité s’évapore sans que l’on ne s’en rende compte. En réalité on oublie que l’on peut aussi, si on le souhaite, prendre le temps de vivre à son propre rythme. Prendre le temps, tout simplement. Le prendre entre nos mains, le poser, là, le regarder, tranquillement. Le laisser faire. En souriant. En confiance. Et c’est moi qui dit ça, qui n’ai plus que 2 petits points sur mon permis de conduire, vous dire si faire l’éloge de la lenteur n’est pas trop dans mes habitudes. Mais je ne vous parle pas de lenteur justement. Je vous parle du temps qui est le notre. LE mien, qui n’est pas celui de mon voisin, ni celui d’à côté. Juste le votre. Prenez le temps. Là, aujourd’hui, en me penchant sur les questions de l’accouchement pour l’Air de Rien, en écoutant Toulouse et Montauban pleurer, en épluchant les nouvelles ici et là… il m’était difficile de zapper. Sans avoir non plus l’envie de faire un arrêt sur ces images-là, précisément, juste une envie de voir les rayons du soleil se poser, de les sentir me caresser le visage, de respirer l’air doux, d’entendre le chant des oiseaux… juste ça. Rien d’autre. Arrêtez tout. Parce que la vie continue, doit continuer, parce qu’il ne faut pas baisser les bras même épuisée que je suis par ce qui dépasse mon entendement. Parce que je fais partie de cette planète et qu’il faut bien que je reprenne mon souffle pour m’y replonger. Une fois n’est pas coutume : aujourd’hui je n’ai pas trop envie de parler. Si je le pouvais, j’éteindrais tout un instant. Toutes les radios, toutes les musiques, tous les écrans, tous les moteurs. Quelques instants. Que nos idées se remettent en place pour que demain répare hier, pour que demain allume un petite veilleuse pour ceux qui suivent, ces petits êtres humains à qui nous devons, pourtant, malgré tout, à qui nous devons souhaiter la bienvenue… Dehors, en bas de mes fenêtres, des enfants jouent dans la cour de récréation.